Un Boeing 737 Max. Boeing
Après le premier accident mortel impliquant un 737 Max, un dirigeant de Boeing avait expliqué aux pilotes inquiets que l'un des dispositifs de sécurité de l'engin n'était proposé qu'en option supplémentaire payante car les compagnies aériennes craignaient "d'embrouiller" les pilotes. Business Insider US a pu avoir accès à un enregistrement audio d'une réunion, datant de novembre 2018, entre des représentants syndicaux et des dirigeants de Boeing. Celui-ci démontre la volonté de l'avionneur américain de minimiser les inquiétudes au sujet de son modèle 737 Max.
Quelques jours avant cette réunion, un avion 737 Max s'était écrasé dans la mer de Java - le vol 610 de la compagnie indonésienne Lion Air. Cinq mois après cet accident, un autre avion 737 Max, exploité cette fois par Ethiopian Airlines, s'est écrasé dans des circonstances similaires. Ce responsable de Boeing expliquait alors aux représentants du syndicat des pilotes d'American Airlines - l'Allied Pilots Association (APA) - pourquoi l'avionneur n'avait pas installé un système permettant d'indiquer l'angle d'attaque (c'est-à-dire l'angle d'inclinaison de l'appareil).
Le cockpit d'un Boeing 737 Max. Boeing
Son argumentaire était le suivant : cette mesure de sécurité supplémentaire n'était pas très populaire chez les compagnies aériennes qui ne voulaient pas former les pilotes à son utilisation et pensaient qu'elle risquait d'"embrouiller" les pilotes durant le vol.
Le dirigeant de Boeing a ainsi expliqué :
"Beaucoup de compagnies aériennes ne veulent pas de l'indicateur AOA ("angle of attack", soit "angle d'attaque" en français, ndlr) parce que les pilotes n'ont pas été formés pour voler avec ce voyant et elles ont le sentiment que cela pourrait semer la confusion chez les pilotes".
"Et les…
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